Bienvenue à Claire De Beir !

Claire de Beir : Directrice des partenariats
Claire est notre nouvelle directrice des partenariats et du business développement. Elle est également l'autrice de Remarque-Moi, dont elle nous raconte l'histoire dans cette interview.

Retour sur son parcours :

Diplômée de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et de Paris IV Sorbonne en Lettres Modernes, Claire a démarré sa carrière dans les études d'opinion au Service d'Information du Gouvernement puis chez Kantar Public (ex TNS-Sofres) en tant que Directrice d'études au sein du département Politiques & Opinion. Elle intègre ensuite Publicis Consultants et renforce son planning stratégique au sein de la Direction du Développement, puis en accompagnant des grands comptes sur leurs enjeux d'identité et de marque. En 2008, elle rejoint le Groupe Veolia, en devient la Directrice de la Marque et de la Publicité et contribue à accélérer sa transformation stratégique jusqu'en 2018.

Désireuse de réinventer le dialogue entre marketing et design, Claire réalise le Master spécialisé Innovation by design à l'ENSCI et explore de nouveaux terrains de conseil aux entreprises croisant branding et design d'expérience. Elle rejoint aujourd'hui l'équipe Strate école de design avec l'ambition de démontrer et diffuser l'impact positif du design dans les entreprises et les organisations. Une position qu'elle défend et dont elle a fait le point de départ de son livre, tiré de son mémoire, intitulé Re-Marque moi, publié aux éditions l'Harmattan.

 

Interview :

Strate : Comment passe-t-on du pilotage d’une grande marque dans un Groupe du CAC 40 à l’écriture d’un livre sur la question des relations entre design et branding ?

Claire : Ce livre n’a pas été une action voulue et réfléchie en amont. Je ne me suis pas dit : il faut que j’écrive un livre un jour dans ma vie. C’est le fruit d’un cheminement personnel et intellectuel, qui m’a amené à rebattre les cartes de mon parcours professionnel en m’offrant un temps d’exploration et d’immersion dans le design à l’ENSCI.

 

Strate : Qu’avais-tu envie d’explorer plus précisément ?

Claire : J’avais envie de regarder la question de la marque en me situant à un autre endroit que là où se positionne traditionnellement une agence de communication, et en l’évaluant avec les yeux du designer. J’avais la certitude que le designer avait une contribution particulière à apporter sur ce sujet de l’incarnation de la marque, à l’heure où les marques sont confrontées à une forte défiance des individus et évaluées avant tout sur la qualité de l’expérience que leurs services et leurs produits délivrent. Le citoyen-consommateur qui a pris le pouvoir grâce à la puissance d’action et d’influence que lui donnent le numérique et les réseaux sociaux obligent les marques à matérialiser très vite leur promesse, à aligner ce qu’elles disent et ce qu’elles font. C’est le rôle du designer que de matérialiser des idées par des services, des produits, des expériences. Il est un concepteur de relation entre un objet et un individu. Or, la marque, et derrière elle, toute l’entreprise, a besoin de refonder sa relation avec ses publics et ce, pas qu’avec des mots.

 

Strate : Comment t’est venue l’idée d’aborder un sujet académique, comme ton mémoire, sous la forme d’une fiction ?

Claire : Je souhaitais au fond de moi renouveler ma manière d’explorer le réel, et sortir de mon référentiel de consultant. Le design recherche toujours le pas de côté, le déplacement d’un objet d’un champ à un autre, en passant d’un référentiel donné à un autre. Et sa force, pour moi qui vient du marketing et de la communication, c’est de se situer dans le monde sensible, dans le monde réel. C’est de tangibiliser des idées par de la conception de services, de produits, d’espaces. Ou encore, de créer des artefacts qui peuvent prendre des formes très différentes selon les sujets. Ces artefacts sont des objets de médiation qui permettent d’incarner autrement des idées, de les rendre partageable au plus grand nombre. A mon échelle, j’ai essayé d’inventer une forme, avec ce prototype graphique, narratif, sonore. Une forme qui évidemment se doit de servir le fond du sujet abordé.

 

Strate : Quel est l’avantage de la fiction par rapport à une approche universitaire classique pour traiter d’un sujet de recherche ?

Claire : Je pense qu’on a beaucoup à gagner à s’inspirer des codes de la fiction pour aborder des sujets complexes et abstraits. La fiction a de commun avec le design qu’elle met l’expérience au cœur de son processus d’observation et de création. Au travers de ses personnages, un roman nous parle de trajectoires de vie qui vont entrer en résonance avec nos propres expériences. Une fiction ne démontre pas, elle nous immerge dans un monde. C’est ce que fait un designer avec l’objet qu’il conçoit. Il ne le justifie pas, il le fait advenir. Le propre d’une fiction, c’est de raconter une histoire. Or, la parole qui raconte est toujours plus forte que la parole qui démontre, parce qu’elle crée des résonances chez celui qui la reçoit. Elle le connecte à ses expériences. Elle a un véritable pouvoir de transformation, et c’est là où elle est peut être utile au designer, comme à bien d’autres champs d’action et d’expertise.

 

Strate : En quoi la fiction a quelque chose à apporter au design aujourd’hui ?

Claire : Tout designer est un scénariste, il scénarise des relations entre des objets et des individus dans un environnement donné. Je pense qu’il peut et doit être aussi un conteur. Un designer « fictionnalise » des usages dans un futur plus ou moins proche. Il produit d’une certaine manière les conditions d’atterrissage de son histoire dans la vraie vie des gens. Il est bien plus qu’un storyteller. D’ailleurs, il se méfie du storytelling et il a bien raison. Je pense qu’articuler plus étroitement la question du récit et du design ouvre un champ passionnant pour donner à ce dernier encore plus de puissance au sein des entreprises et dans la société. C’est tout le sens du témoignage très éclairant de Saran Diakité Kaba au travers de sa postface de mon livre.

 

Strate : De quelle manière ce livre entre en écho avec le poste que tu occupes aujourd’hui à Strate ?

Claire : Re-marque moi est un livre hybride qui m’a aidé à tracer un chemin qui ne fait que commencer. A l’image de mon parcours, il invite des mondes qui ne se connaissent pas si bien que cela, comme le marketing et le design, à mieux dialoguer. Le marketing tel qu’on l’a connu est mort, et avec lui, les modèles de consommation fondés sur le statut et la propriété. La pandémie a accéléré tout cela. On veut consommer autrement, produire autrement, travailler autrement. Cet « autrement » là, c’est au designer de l’observer, de le scénariser et de le concrétiser. Je suis persuadée que le design - et demain tous les jeunes designers qui rentreront sur le marché du travail et que Strate forme - a un boulevard pour aider les entreprises à renforcer leur impact positif sur le monde. Et c’est bien le sens de ma fonction chez Strate aujourd’hui : faire la preuve de l’actualité du design pour aider les entreprises et leurs managers à vivre les transformations profondes qui les traversent et à adapter leur métier à un monde qui bouge à toute vitesse. Une école de design de premier plan comme Strate est un formidable laboratoire pour poursuivre mon exploration, en l’accompagnant d’engagements et de résultats tangibles.

 

Merci Claire pour ce partage !

 

 

Pour commander le livre "Remarque-moi", au format papier ou numérique, rendez-vous sur le site des éditions l'Harmattan.

 

Claire de Beir

Directrice des partenariats et du business development.

Tel : +336.09.62.63.59

Email : partenariat@strate.design