Découvrez le portrait de Paul Laborde, notre nouvel enseignant-chercheur

Paul Laborde - enseignant chercheur Strate école de design
Paul Laborde a rejoint Strate Research, l'équipe pluridisciplinaire de recherche en Design et Science Humaines et Sociales de Strate.

Interview :

Parle-nous de ton parcours :

Après un master de lettres et un master de philosophie de l’art à l’Université Paris-Sorbonne, j’ai obtenu un contrat doctoral pour faire une thèse dans la même université. Parallèlement, j’ai lancé une revue de philosophie et de littérature, Conséquence (dont on trouve les trois premiers numéros à la bibliothèque !). On y trouve des textes inédits de Jacques Rancière, Jean-Luc Nancy, Esther Tellermann, Alain Badiou, Bernard Noël, Dolores Dorantes, Cédric Demangeot…). J’ai moi-même publié des ouvrages littéraires chez différents éditeurs (Cheyne, Trame, Fissile). Je suis végétarien en (lente) transition vers le véganisme, parce que je suis convaincu que l’exploitation des animaux (et la souffrance que cela induit) est une faute morale grave. A cet égard, j’ai traduit un ouvrage de Michael Huemer, Dialogue entre un carnivore et un végétarien (Albin Michel, 2020)afin de participer (à mon échelle) au changement des mentalités sur ce sujet. Par ailleurs, je milite pour la reconsidération des substances psychédéliques et leur réintégration dans les recherches thérapeutiques, neuroscientifiques et existentielles.
 

Quelques mots sur ta thèse :

Mes recherches portaient alors plus spécifiquement sur des enjeux de philosophie du langage, de psychologie et d’éthique. Pour être schématique, je me suis appuyé sur l’expérience de la lecture pour interroger ce qui se joue quand on entre en relation avec autrui par l’intermédiaire de ses phrases. S’agit-il simplement d’interpréter ? Plus largement : s’agit-il seulement de « comprendre » autrui ? Ne faut-il pas, au contraire, sentir par quel bord sa pensée nous échappe ? C’est le genre de questions qui ont agité les débuts de ma carrière de chercheur en philosophie. 
 

Raconte-nous ta rencontre avec le design :

J’ai rencontré le design en arrivant à Strate il y a six ans. Comme beaucoup de français, je croyais que cette discipline se limitait à dessiner de jolis objets. Je fus très agréablement surpris de découvrir, au contraire, un domaine extrêmement riche conceptuellement. Rapidement, j’ai cru percevoir une analogie structurelle avec le travail philosophique : observer, définir, problématiser, résoudre… Voilà un processus qui m’était très familier. Au-delà de la stimulation intellectuelle, je me suis retrouvé personnellement dans les préoccupations de nos étudiant.e.s, tout.e.s concerné.e.s par les problèmes sociaux et environnementaux. 
 

Quelle vision as-tu de la recherche en design et quels sont tes projets au sein de Strate Research ?

Idéalement, mon travail devrait toucher aux trois principales dimensions de la recherche en design modélisées par (Fallman, 2008) : Design Studies parce qu’il faut se pencher sur les pratiques, pour mettre à l’épreuve leur cohérence, pour interroger la compatibilité des ambitions du design avec les principaux besoins sociaux ; Design Explorations pour redéfinir les contours de la discipline, pour imaginer des nouvelles manières d’intervenir en designer ; Design Practice pour proposer des ajustement méthodologiques et concevoir de nouvelles modalités organisationnelles et stratégiques pour les institutions enseignantes. 

Mes principaux projets au sein de Strate Research concernent l’école elle-même : je veux interroger le processus de décision pédagogique. Comment choisit-on ce qu’on enseigne à de futurs designers ? Selon quels critères ? Et comment l’enseigner ? Une école de design peut-elle suivre le traditionnel modèle vertical où l’institution dispense un savoir acquis à un public passif ? Sinon, comment réinventer le dispositif pédagogique ? Voilà le type de questions que je vais devoir creuser !